Le dramaturge et critique de cinéma indien, K. Madavane a tenu une conférence sur le cinéma indien, communément appelé Bollywood, à l’espace culturel Hakuna Matata ce jeudi. La conférence était destinée à expliquer à un  public togolais amateur les ressorts d’un cinéma indien, classé, il y a cinq ans par l’Unesco, comme le plus grand au monde.

L’histoire du cinéma indien est aussi vielle que l’histoire de son homologue occidental. Les frères Lumière ont effectué un voyage en Inde, ce qui place l’apparition du genre dans le sous-continent quasi au même moment qu’en Europe. Quatre places de productions, Bombay, Calcutta, Madras et Hyderabad font la renommée de l’Inde.  Bollywood, une contraction de Bombay et de Hollywood, est la plus connue à l’étranger. Le cinéma de Bollywood participe à un patchwork où se retrouvent  en un seul film les genres tels que la comédie musicale, le drame, le western, l’épopée, le policier, l’action, mais avec un accent particulièrement porté sur la musique et la danse.

Les films connaissent plus de succès commerciaux par leur musique que par le contenu, il y eut même des producteurs qui ont arrêté des projets parce que rien que les recettes musicales  ont permit de rentabiliser les coûts de productions. Les chiffres sont estimés à plusieurs milliards de dollars et les productions (plusieurs centaines par an) deviennent plus chères. Devdas (2002), par exemple, a coûté la bagatelle de 15 millions $US.

Peu prisé des intellectuels et de la critique qui refusent ce fourre-tout, Bollywood demeure pourtant très populaire, avec une rentabilité inouïe sur le plan commercial.  Selon Madavane, un essai d’un cinéma à l’occidental  a fait  un flop retentissant et n’a même pas duré dix ans.

La popularité de Bollywood, et partant d’un cinéma indien, assez spécial par son contenu (les thèmes abordés et la durée, particulièrement longue), réside dans son originalité: S’inspirer uniquement de la culture indienne. Comme au théâtre,  la religion a favorisé le cinéma, les productions sont influencées  par la mythologie, le Mahabarata et le Ramayana (textes sacrés de l’hindouisme). Les metteurs en scène  se sont donc logiquement approprié ce mode d’expression qui leur permet aujourd’hui encore de faire perdurer un phénomène socioculturel et religieux.

Cela a donné lieu à des films célèbres comme Devdas (1935), reproduit plus de deux fois (1955, 2002), Mother India, Gumrah, Lagaan, New-York Masala, Swades, Kisna, etc.…

Les thèmes abordés ressemblent fort à des histoires à l’eau-de rose ou des sujets de romans d’Harlequin mais ont une forte influence sur la société. Le spectateur reste quelque peu surpris quand le présentateur, K. Madavane, dit avoir vu 20 à 30 fois le même film. Les metteurs en scène embrassent des thèmes sociétaux qui allaient dans les années 1948-1980 dans le sens de la conservation de la société ou de l’idéologie dominante, ou révolutionne les mentalités depuis quelques décennies.

Souvent répétitives voire redondantes, des metteurs en scène ont repris plusieurs films célèbres sous d’autres formes. Ce qui laisse à penser que Bollywood  copie allègrement Hollywood en le relevant de la touche indienne, une preuve aussi du changement opéré dans le secteur. En témoigne le succès du film Lagaan, nominé aux oscars,  un succès incontestable même au-delà du public indien. Lagaan est un film qui, partant de l’analogie à la lutte pour l’indépendance de l’Inde, parle de la résistance d’un village indien face à la l’augmentation des taxes par le colonisateur britannique.

Côté togolais, le cinéma indien  captive surtout un public togolais majoritairement féminin, à l’heure même où passent plusieurs feuilletons indiens sur les chaînes de télé;  la preuve ici aussi  de la diversité des acteurs, qui peuvent être à la fois sur le cinéma, la télé et le théâtre.

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