Passage obligé du programme du Festival Plumes Francophones, la soirée culturelle de cette deuxième édition confirme son caractère incontournable pour les festivaliers. La direction du festival a toujours le chic de choisir les curiosités de la musique togolaise, celles qui sont ses espoirs, peuvent devenir ses grands noms. Les soirées se déroulent toujours dans le jardin du Centre culturel Hakuna Matata, atmosphère glamour aux luminosités suggestives, espace aéré qui donne une doucereuse et clémente à la canicule  frappant le sud du Togo en ce mois de mars.
Un air de détente après une semaine rapide et fatigante, un temps d’évasion en sirotant allègrement une bière.

Cette année, les organisateurs ont choisi Wilfried A², Marc Agbedjidji et Santy Dorim.  Wilfried A², étoile montante de la musique traditionnelle pure, mêle les rythmes kabyè joués au djembé, au gong, à la castagnette, et au piano. Si sa production reste fondamentalement traditionnelle, avec un travail sur le kamou, son expression ressort avec une pointe de modernité, des clins d’œil à l’afrobeat ou à l’afrofunk.

Au kamou dansant de Wilfried A² a succédé le slam ravageur et corrosif de Marc Agbedjidji, laissant la place au rire et à la réflexion. Dramaturge et slameur, Marc Agbedjidji  a l’art de la mise en scène. Son style net et tranchant comme un scalpel taraude, creuse des sillons dans les plaies, réveille les esprits oublieux.  Accompagné à la guitare par l’excellent Eustache K’Mouna,  avec une maîtrise rare de l’ironie, Marc Agbedjidji chante ses rêves de môme qui veut devenir « militaire » massacreur  et génocidaire pour « sauvegarder la paix » ; de « président » imbécile, etc…. Un slam critique, vivifiant, paradoxal, renversant et bouleversant pour le spectateur que vient quelque peu éteindre la voix  d’opéra de Santy Dorim, la troisième artiste de la soirée.

Originaire de la même région que Wilfried A², plus précisément du pays Losso, Santy Dorim, dite la Princesse de Doufelgou, constitue effectivement un espoir de la musique togolaise. Cette dame au physique de chanteuse afro-américaine d’opéra, à la voix roucoulante, a ébloui la soirée de samedi dernier, avec des reprises de morceaux de Bella Bellow dont particulièrement « senye ». Imposante sur scène, la Princesse de Doufelgou a particulièrement gâté le public avec quelques chansons de ses trois opus, chansons de variété,  style afro-funk, musique traditionnelle et world music, le temps d’obliger quelques spectateurs à  danser malgré eux.

Joindre la conversation 1 commentaire

  1. le rythme de Wilfried A² ne serait-il pas du « Tchimou » plutôt que du Kamou? Et le pays « Losso », c’est où? il y a les peuples « Nawda », « Yaka » et « Lamba »dans le Doufelgou. Les historiens devraient revoir leurs copies pour ce nom de « LOSSO » qui ne renvoie à rien.

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