jah_nConférence sur le concert-party, spectacle de théâtre, concert acoustique de l’artiste béninois Jah Baba, la clôture de la 3ème édition de Plumes Francophones aura été d’une rare densité, d’une rare qualité aussi.

« Comment joue-t-on au concert party » est le thème de la conférence sur le concert-party. Laquelle conférence est animée par l’universitaire Apedo-Amah, un des chantres du concert-party, auteur d’Un continent à la mer, une première pièce de théâtre de grande qualité ; Frédéric Gakpara, comique, auteur de La charcuterie de la République, une satire des travers de la République.  Son théâtre où se mêlent satire politique et comique, peut être considéré comme  proche du concert-party. Le dernier intervenant est Alfa Ramsès, dramaturge, comédien, comique. Alpha Ramsès a fait d’ailleurs un travail de recherche sur le concert-party en mettant en scène Mon cancer aux tropiques, une nouvelle du recueil La Gazelle s’agenouille pour pleurer, de Kangni Alem.

Comment joue-t-on au concert-party ? Il y a bien entendu le déguisement vestimentaire, le gribouillage des acteurs, mais aussi l’improvisation, et plus rare cette distanciation qui fait de ce théâtre quelque chose d’assez original au Ghana et au Togo. D’ailleurs,  on assiste chez les universitaires et les auteurs dramatiques à une recherche du temps perdu, une quête identitaire, en essayant de ressusciter ce théâtre populaire pour arriver à produire une symbiose entre le théâtre occidental (la pratique aujourd’hui) et le théâtre togolais.  La presque disparition de ce théâtre populaire  n’est-elle pas la cause principale de la désaffection du public à l’égard d’un théâtre considéré à tors ou à raison comme hermétique ?

Le spectacle de Mon cancer aux tropiques a été tout de même le déclic pour confirmer ce besoin d’un renouveau  du théâtre au Togo. Mise en scène par Alfa Ramsès et jouée par Léopold Ayivi et Edem Modjro, la pièce porte sur  l’accueil d’un despote atteint d’un cancer de la prostate dans un pays africain, une dérision de la décadence et la mort dans l’anonymat de Mobutu. Le jeu des acteurs a facilement aidé à la compréhension d’un texte, assez fort, de Kangni Alem, et pas du tout évident pour le spectateur moyen.

Le concert acoustique de l’artiste béninois Jah Baba a clos une  soirée singulière. Jah Baba, une virtuose : batterie, percussion, et trombone, piano et guitare basse, un mélange d’afro-beat et du jazz consommé à la sauce béninoise, a donné un relief particulier à ce cérémonial de clôture samedi dernier à l’Espace culturel Filbleu.

A noter que le directeur artistique de Plumes Francophones, est revenu sur un problème récurrent au Togo quant au financement de la culture : le refus des sociétés d’Etat et privées de subventionner les projets culturels. Kangni Alem, directeur artistique de Plumes Francophones et conseiller culturel du Président de la République, a fait de vifs reproches aux dirigeants des entreprises d’Etat, qui allèguent l’absence d’un cadre législatif pour justifier leur refus d’aide aux projets culturels.

« Je ferai une intervention dans la presse pour parler de cette anomalie« , a déclaré le conseiller du chef de l’Etat. On peut en être sûr que le débat vient d’être lancé. Enfin !

T.F

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