Café littéraire : Deux poétesses et un dramaturge sous le regard du public

De gauche à droite, M. Koshi Akoubia, Mme Patricia Siliadin, M. Assiobo Tis, Mme Claudine Akakpo
De gauche à droite, M. Koshi Akoubia, Mme Patricia Siliadin, M. Assiobo Tis, Mme Claudine Akakpo

Deux poétesses et un dramaturge ont parlé de leurs œuvres au public. On note que dans l’ensemble l’engagement a pris le pas sur la qualité, et que les auteurs se préoccupent très peu de l’esthétique.

Le samedi 22 mars a connu le premier café littéraire de la journée, de 15h à 16h. En place : Claudine Akakpo, Patricia Siliadin, Koshi Akoubia. Les deux  femmes sont des poétesses tandis que M. Akoubia est dramaturge.

Claudine Akakpo est la plus ancienne dans le domaine du livre ; journaliste, elle est auteure de Cris de Hoingni (Editions Haho, 2006).  Patricia Siliadin vient d’arriver dans le landerneau littéraire, avec Quête d’équilibre. Et Akoubia, auteur récent également, vient de publier coup sur coup deux pièces au titre baroque : Nigrigudja (Harmattan, 25 janvier 2013), Djagugu (Harmattan, 23 juillet 2013).

Globalement, les deux poétesses ont été confrontées à la question polémique de l’écriture poétique au Togo. Car leurs recueils paraissent dans un contexte national de prolifération d’auteurs du genre, et cette overdose littéraire suscite beaucoup la curiosité de la critique. Jamais dans l’histoire, le Togo n’a connu autant de poètes en un si laps de temps !

Pour ce café littéraire, les deux poétesses ont un point commun : la part de l’engagement en faveur du combat pour la valorisation et l’émancipation de la femme. La femme togolaise est au cœur de leurs écrits, qui portent sur son exaltation, ses souffrances. Patricia Siliadin est même dangereusement moralisatrice des fois, quand dans un poème elle critique les femmes légèrement vêtues en leur demandant une tenue correcte pour être bien vues ! Les violeurs potentiels devraient applaudir d’avoir un si inattendu soutien !

Autre caractéristique de ces recueils, leur absence de portée universelle. Ce qui constitue une faiblesse générale qui caractérise des recueils : l’engagement a pris le pas sur l’esthétique et partant un travail sur la langue.

Mme Claudine Akakpo allègue l’accessibilité à un large public comme raison de la simplicité de son écriture. On ne dénote pas d’influences d’auteurs ou de courants littéraires, même si Patricia Siliadin avoue s’inspirer de Césaire et de son Cahier de retour au pays natal. Entre Quête d’équilibre et l’œuvre fondatrice de l’écrivain martiniquais…. Et quant à Aragon, il était naturellement doué « d’un instrument magnifique, d’une langue riche, inventive, variée, étincelante, apte à traduire toutes les variations de sa sensibilité et le kaléidoscope de son âme tourmentée », écrit Jean-Marie Rouart dans son emblématique « La noblesse des vaincus ». Car, un écrivain c’est tout de même quelqu’un d’assez tordu.

De gauche à droite, M. Koshi Akoubia, Mme Patricia Siliadin, M. Assiobo Tis, Mme Claudine Akakpo
De gauche à droite, M. Koshi Akoubia, Mme Patricia Siliadin, M. Assiobo Tis, Mme Claudine Akakpo

La question de l’engagement déborde aussi de l’œuvre de Koshi Akoubia. Cet enseignant à l’Université ne  cache pas son profond parti pris pour  dire les malheurs autour de lui, tout en faisant abstraction de l’esthétique. Pour lui d’ailleurs, le fait d’être « la bouche des malheurs qui n’ont pas de bouche », suffit amplement pour le théâtre. A la question sur les dramaturges qui l’ont influencé, M. Akoubia a quelque peu hésité et laissé comprendre qu’il serait influencé par Chemins de croix de Kangni Alem !

Quant au caractère insolite de ses titres, il s’agit d’une posture médiatique. Nanti d’un DEA en  sociologie, l’auteur n’ignore pas les aspects de la communication : les hommes s’intéressent toujours à ce qui est « extraordinaire« . D’où des titres bizarroïdes auxquels il applique les théories de la sociologie de la communication.

Il s’est peut-être trompé de domaine. Dans ce cas, ce n’était pas aux Editions Harmattan qu’il aurait dû publier ces œuvres !

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